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Sondage IPSOS - AFPA sur la reconversion professionnelle
83 % des Français l’envisagent en cas de licenciement

Un sondage exclusif AFPA / IPSOS


Les résultats du sondage mené en avril 2009 auprès d’un échantillon représentatif de 1 000 personnes font apparaître des changements majeurs dans la perception de la reconversion et bousculent bien des idées reçues.
La reconversion devient un choix de première intention en cas de licenciement ou de crise :
  • 83 % des personnes n’ayant pas changé de métier au cours de leur vie et qui ne pensent pas en changer dans 6 mois envisagent une reconversion en cas de risque de licenciement
  • 39 % des personnes n’ayant pas changé de métier au cours de leur vie estiment qu’un plan social, une perte d’emploi… constituent les motifs principaux à l’origine d’une reconversion, alors que ce facteur n’est évoqué que par 25 % des personnes ayant changé de métier

De solution de dernier recours, la reconversion devient une option réaliste ainsi qu’une véritable réponse aux enjeux du monde du travail actuel et au risque de perte d’emploi. Les personnes interrogées semblent avoir pris la mesure des bouleversements du monde du travail et sont prêts à envisager toutes les possibilités pour optimiser leurs chances de trouver et/ou conserver leur emploi ; un choix pertinent notamment dans cadre de métiers industriels en crise où la mobilité géographique ne résoudrait rien.

La reconversion, un nouveau départ dans la vie perçu de façon positive :
  • Seulement 25 % des personnes ayant changé de métier l’attribuent à une cause économique tandis que 57 % l’avaient fait par choix personnel
  • Des changements positifs pour la majorité des personnes ayant entrepris une reconversion : épanouissement professionnel pour 62 %, conditions de travail pour 54 %, équilibre vie privée/vie professionnelle pour 52 %, rémunération pour 51 % et enfin évolution de carrière pour 47 %
  • Elle a constitué un nouveau départ dans leur vie pour 71 % d’entre eux !
  • Au final 32 % des actifs pourrait se réorienter professionnellement d’ici un an

Loin de l’image d’Epinal d’une reconversion vécue sous la contrainte économique et dans la douleur, celle-ci relève majoritairement d’un choix personnel qu’un tiers des personnes envisage à très court terme. Une fois de plus idées reçues ne correspondent pas au vécu des personnes interrogées.

Une réalité expérimentée par une majorité, mais qui concerne surtout les ouvriers, champions de la mobilité
  • 55 % des personnes ont déjà changé de métier
  • une réalité qui concerne plus particulièrement les plus modestes et les moins diplômés : 63 % des ouvriers et 57 % des employés contre 48 % des professions intermédiaires et 44 % des cadres supérieurs. 77 % des foyers disposant de moins de 1 200 euros nets mensuels contre 50 % des foyers à 3 000 € nets mensuels

A nouveau, les chiffres font mentir les représentations d’un monde ouvrier volontiers figé dans ses habitudes et accroché à son métier et ses savoir-faire, alors que les ouvriers constituent la majorité des « reconvertis ». Un constat qu’il convient cependant de nuancer : les ouvriers sont plus touchés par les reconversions subies. En effet, la reconversion résulte d’un choix pour 63 % des professions supérieures et intermédiaires contre 54 % des ouvriers.

Le bonheur au travail, premier frein à la reconversion
  • 89 % des personnes n’ayant pas changé d’emploi ne veulent pas en changer car elles sont satisfaites de leur vie professionnelle
  • 66 % parce qu’elles ne sont pas certaines de retrouver un emploi après leur reconversion
  • 55 % parce qu’elles n’en ont pas les moyens
  • 52 % parce qu’elles ne savent pas vers quel secteur se reconvertir
Au contraire
  • l’incapacité à exercer un nouveau métier ne concerne que 26 % des personnes
  • l’incapacité à suivre un parcours de formation, seulement 24 %
Avec ces chiffres, il semble bien que l’image de salariés français figés dans leurs habitudes et réfractaires à la prise de risque et au changement soit battue en brèche.

En effet l’étude dresse plutôt le portrait de personnes heureuses dans leur travail, mais conscientes de la nécessité de devoir changer de vie si les contraintes économiques et la menace de perte de leur emploi le nécessitaient.

Méthodologie de l'enquête réalisée par l’institut IPSOS
  • Étude réalisée auprès d’un échantillon de 1 000 personnes représentatives de la population française âgée de 15 ans et plus, duquel est extrait le sous échantillon des « actifs » c’est à dire exerçant une activité professionnelle ou étant demandeur d’emploi.
  • L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, profession du chef de famille, catégorie d’agglomération et de régions.
  • Mode d’interrogation : l’échantillon a été interrogé par téléphone, au domicile des interviewés.
  • Dates de terrain : les interviews ont été réalisées du 17 au 18 avril 2009.